Que racontent les blasons médiévaux de la voûte du chœur de Notre-Dame de Boulogne ?
24/6/2026
4 minutes
De 1364 à 1375, plus de 40 ans après la construction de ce qui n’était alors qu’une chapelle (au périmètre du chœur actuel de la basilique), Charles V fait réaliser une voûte. Celle-ci s’appuyant sur des piliers au-delà du porche, ce sera l’occasion d’agrandir la chapelle avec deux nouvelles travées au-delà d’une croisée surmontée d’un clocher. Ces travaux se font grâce au financement de Charles V, avec une contribution importante de sa femme Jeanne de Bourbon, de son frère Jean de Berry et de son beau-frère Louis II de Bourbon. Les donateurs se retrouvent tous autour de la clef de voûte de Jeanne de Bourbon. Les blasons des Dauphins sont attribuables au futur Charles VI, fils de Charles V.
En dehors du baptistère, le chœur est le seul endroit où des décorations ont été retrouvés lors de la restauration des peintures entre 1872 et 1879. En procédant au débadigeonnage, des traces de peinture sont apparues sur les murs ainsi que des blasons sur la voûte.
Si les blasons simples ont pu être repris, cela n’a pas été le cas des blasons accolés deux à deux, ils n’offraient « plus de trace de leurs armes dans l'intérieur de leur cartel ». Ils ont été inventés par Charles Lameire.
Les clefs de voûte étant sculptées, l’identification était facile.
Cliquez sur les repères de la carte interactive ci-dessous pour en savoir plus
La présence d’armoiries dans les églises est un phénomène très répandu à la fin du Moyen Âge. Les armes n’étaient pas seulement les marques d’un pouvoir séculier : elles signaient des dons, rappelaient des alliances ou rendaient hommage à des familles protectrices.
Les blasons marquent la présence des puissances temporelles — rois, princes, donateurs — qui ont soutenu la construction ou l’embellissement de Notre-Dame
Charles V
1338–1380
Le roi qui redresse la France
Surnommé Charles le Sage, il hérite d’un royaume affaibli par la guerre de Cent Ans. Réformateur cultivé et stratège, il restaure durablement l’autorité royale.
Jeanne de Bourbon
1338–1378
Une reine au destin singulier
Épouse de Charles V, elle traverse une époque marquée par la guerre et les épidémies. Figure discrète, elle incarne la stabilité dynastique.
Louis II de Bourbon
1337–1410
Le prince allié
Grand seigneur du royaume, frère de Jeanne de Bourbon, il participe activement aux campagnes militaires de la guerre de Cent Ans et reste un fidèle soutien de la couronne.
Jean de Berry
1340–1416
Le grand mécène des arts
Frère du roi Charles V, collectionneur passionné, il commande les « Très Riches Heures », chef-d’œuvre absolu de l’enluminure médiévale.
Charles VI
1368–1422
Le roi dont la folie changea l’histoire
Fils de Charles V, devenu roi à onze ans, son règne bascule lorsqu’il est frappé par des crises de démence qui affaiblissent durablement le royaume.
Philippe V
1293–1322
Le roi législateur
Il renforce l’administration royale et poursuit la centralisation du pouvoir, consolidant durablement l’État monarchique.
Jeanne de Bourgogne
1291–1330
Une femme de pouvoir
Héritière de puissants territoires, elle illustre le rôle politique majeur joué par les alliances matrimoniales dans la France capétienne.
Louis XI
1423–1483
L’inventeur de la France moderne
Diplomate redoutable, il affaiblit les grands seigneurs féodaux et pose les bases d’un État central fort.
Marguerite d’Écosse
1424–1445
Une princesse humaniste
Venue d’Écosse pour sceller une alliance diplomatique, elle se distingue par sa culture, son intelligence et son amour des lettres.
Je souhaite en savoir plus sur les trésors de Notre-Dame de Boulogne, sa riche histoire, son actualité et ses concerts (je pourrai me désabonner à tout moment).
Merci ! Nous avons bien reçu votre demande d'inscription
Désolé, votre demande d'inscription n'a pu être prise en compte. Réessayez !